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Rive Gauche – Revue

Un jour, dans un bus entre République et Bastille, une petite dame aux cheveux blancs bien lisses passe devant moi en laissant derrière elle un nuage d’une élégance inattendue. « Vous sentez bon »lui dis-je, de manière inhabituelle. « Merci, me répond-elle un peu gênée, « je ne savais pas que je sentais autant ! C’estRive Gauche, de Saint-Laurent« . Je le savais, mais cette expérience me confirmait une première impression : ce parfum a le pouvoir de donner à une petite mamie discrète, bien malgré elle, la présence magnétique d’une Catherine Deneuve.
Car Rive Gauche, c’est elle, muse et amie du créateur, icône de la culture française. C’est aussi la marque de prêt-à-porter de luxe créée par Saint-Laurent en 66, c’est Saint-Sulpice, un smoking noir cintré, un foulard en soie noué autour du cou, des cheveux blonds au brushing impeccable.
Alors qu’Opium incarnera la femme exubérante et baroque des années 80, posant langoureusement dans son fauteuil en velours, Rive Gauche est un concentré de bourgeoisie pompidolienne : Madame est en escarpins et jupe aux genoux, même si elle porte en dessous porte-jarretelles et bas de soie
Comme je l’avais évoqué dans la critique de son pendant masculin, Rive Gauche me plonge dans l’univers du cinéma de François Truffaut. « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie », rien que de lire cette phrase culte de L’homme qui aimait les femmes, je sens Rive Gauche. Quelle que soit l’époque, les héroïnes de Truffaut, femmes fatales empreintes d’une fausse douceur innocente, une certaine pudeur mêlée à un érotisme latent, sont toutes autant de porteuses de Rive Gauche en puissance : Delphine Seyrig dans Baisers Volés, Françoise Dorléac dans La Peau Douce, ou bien sûr, Deneuve dans laSirène du Mississipi.


Les aldéhydes ont connu la fin de leur âge d’or dans les années 70, se baladant de Calèche à Madame Rochas, de Calandre (du même parfumeur) à First, tour à tour héritiers d’un Chanel N°5 ou remakes d’un Arpège, jouant sur des accords poudrés et rosés, réinventant les codes d’une parfumerie BCBG, très citadine et un brin pincée. Une parfumerie jouant avant tout dans un registre olfactif abstrait, dans laquelle les aldéhydes incarnaient une nouvelle dimension irréelle, immatérielle, tournée vers la modernité technologique, pas vers la nature. On se dit en passant qu’on a de la chance que la parfumerie existe grâce à la chimie de synthèse, car aucune rose naturelle, aussi belle soit-elle, n’aurait pu nous procurer autant d’images et d’associations. Le fond boisé chypré, entre vétiver, mousse de chêne et santal, enveloppé de fève tonka et de muscs poudreux, est sans nul doute celui qui a le plus souffert de la dernière reformulation, mais je ne saurais vous le confirmer, ma dernière évaluation étant celle du bus, je n’ai pas osé poser la question de l’âge du flacon…
Rive Gauche transporte avec lui depuis près de 40 ans l’atmosphère guindée et pincée des ateliers couture et des salons mondains du 6ème arrondissement, tiraillé entre la pudeur froide de ses notes métalliques, et l’érotisme troublant de ses dessous poudrés.

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